PASCAL : INTRODUCTION AUX CONCEPTS FONDATEURS DE L’IDÉE DE VANITÉ.

Les thèmes abordés par Pascal dans ses Pensées sont cruciaux pour mieux comprendre les préoccupations philosophiques et religieuses du XVIIe siècle. Ils nous aideront aussi à aborder la signification symbolique des différents éléments figurés au sein de la production picturale de cette même époque.

L’expression artistique de la production de vanités du XVIIe siècle est en effet l’une des plus importante dans l’élaboration de ce mouvement car l’introduction du réel dans la peinture est une pratique courante à cette période, notamment en Lombardie mais aussi et surtout aux Pays-Bas et ce, dès le XVIe siècle dans la scène de genre et la nature morte. La vanité devient donc une sous-catégorie de la nature morte ayant pour aspect des caractéristiques symboliques, allégoriques et critiques présents à travers les nombreuses composantes picturales  introduites au sein des œuvres et de leurs significations. Ces œuvres qui se veulent intellectuelles incitent en effet le spectateur à la méditation sur le caractère éphémère du corps et l’importance de l’âme. Elles expriment la notion de Memento Mori à travers la modification du regard sur les beautés éphémères de la nature dont le destin, comme toutes choses, est de mourir.

Pascal dans ses Pensées introduit ce type de réflexion en critiquant  la vanité de l’homme et du monde se manifestant dans la raison des philosophes et les pouvoirs humains. La vanité apparaît comme un défaut  de la nature humaine et  d’après Pascal, elle est essentiellement en rapport avec le divertissement, la connaissance humaine ou l’art lui-même.

Dans son étude sur Pascal et les vanités(1), l’auteur (dont l’identité nous est inconnue) nous explique quels sont les rapports entre la vanité écrite de Pascal et la vanité peinte à la fois moralisante mais aussi critique par rapport à la philosophie de celui-ci.

Ainsi, la vanité des sciences est présente à travers l’exposition des « plus nobles inventions de l’homme (le savoir, les arts, les techniques, la beauté, le luxe, le raffinement […], etc.) à côté d’un crâne qui en réduit à néant le sens et la grandeur. » Elles représentent en quelque sorte l’abandon de Dieu et des pouvoirs de la nature par les hommes qui tiennent vainement à obtenir la vérité par la raison et non par la foi. N’oublions pas que les Pensées sont avant tout une apologie de la religion chrétienne.

Dans la suite de son étude sur Pascal et les vanités(2), l’auteur explique que la vanité est aussi un jeu de contradiction et ne doit donc pas être considéré comme une véritable « doctrine. » En effet, l’homme est misérable mais la conscience de sa misère fait sa grandeur. Mais c’est aussi cette conscience qui amène à sa misère. Les vanités « déplorent la légèreté des productions humaines – mais par l’intermédiaire de l’art, c’est-à-dire de la plus artificielle des productions humaines. C’est donc aussi un jeu du peintre de faire croire sérieusement que l’art n’est pas sérieux. Le peintre use de tout son art pour montrer la vanité des arts, et le réhabilite ainsi finalement en en montrant la grandeur. (Cette idée est plus largement développée par le professeur Bénéteau dans son étude Quelle vanité que la peinture.) De manière analogique, par la pensée, les hommes se voient misérables, mais la pensée de leur misère les fait grands. » Il existe donc dans la production de vanité du XVIIe siècle des vanités ironiques. Ainsi, la vanité apparaît elle-même aussi vaine que son aspect moralisateur ou critique car il serait vain, finalement, de renoncer au divertissement.

La vanité revêt donc un aspect comique très bien exprimer dans l’article de fin de page du site Les Pensées de Blaise Pascal, « Quel sens propre Pascal donne-t-il à ce mot de vanité ? » ainsi, « Le rire est la réaction naturelle de toute personne qui s’aperçoit que ce qu’elle ou d’autres avaient pris au sérieux n’est en réalité rien », même si face au néant, l’ennui et la misère laissent une part d’angoisse car l’homme ne peut et ne doit pas oublier sa condition d’homme comme étant misérable.

Blandine C.