LE CRANE : LA LONGUE HISTOIRE D’UN SYMBOLE

Le crâne est toujours le plus évident rappelle de la mort dans la composition. Si on voit une nature morte ou un personnage mélancolique avec un crâne nous pouvons dire avec certitude : c’est la vanité.

Tête de mort avec les attributs du mendiant et du roi, avant 79 av. J.C. Mosaïque de Pompéi. Naples, musée archéologique nationale.

Tête de mort avec les attributs du mendiant et du roi, avant 79 av. J.C. Mosaïque de Pompéi. Naples, musée archéologique nationale.

On connaît ce symbole depuis l’Antiquité : « Memento mori » – rappelle-toi que tu es mortel – disaient les romains.

Au Moyen Age, le thème de mort est toujours présent dans l’iconographie de l’art du Nord. Selon une étude iconologique de Horst W. Janson Memento mori among the Italian Prints  la mortalité de l’homme se développe dans deux sujets courants : « Danses macabres » où la mort est toute puissante sur tous les êtres humains et « Amoureux et la Mort » où l’amour est un péché puni de  mort. Dans les deux cas la mort est représentée sous forme de squelette. Les images du nord ont nourris l’iconographie de la Renaissance de l’art italien qui n’a quasiment pas connue la représentation du squelette ou du crâne avant XVe siècle.

Georges de la Tour, La Madeleine à la veilleuse, 1640, Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles

Georges de la Tour, La Madeleine à la veilleuse, 1640, Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles

Ainsi, nous pouvons supposer la fusion de deux traditions : celle de l’antiquité, qui revient avec les pensées humanistes de la Renaissance est apporte un aspect philosophique à la finalité de la vie, et celle du Moyen Age nordique qui démontre la familiarisation avec la mort. Le sujet de la mort se développe dans le sujet précis de la Vanité au cours du XVIe siècle comme la méditation d’un personnage devant un crâne dans un espace catholique faisant écho à la méditation du spectateur devant le tableau. Le crâne est une partie de la nature morte permettant, dans l’espace protestant du XVIIe siècle où la Réforme a interdit toutes les représentations humaines dans les tableaux religieux ou moraux, une figuration de l’homme.

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