L’ÉPICURISME, LE CARPE DIEM ET SES RÉÉCRITURES

Horace,  philosophe épicurien et poète du Ier siècle avant J.C., introduit dans ses Ôdes (I, 2) le thème du Carpe Diem, terme signifiant « cueille le jour ».

Ne cherche pas, Leuconoé…

Ne cherche pas, Leuconoé, c’est sacrilège,

Quelle fin les dieux nous ont donnée; les horoscopes,

Ne les consulte pas: mieux vaut subir les choses!

Que Jupiter nous accorde ou non d’autres hivers

Après cette tempête qui brise la mer tyrrhénienne

Sur les écueils rongés, sois sage, filtre ton vin,

Et mesure tes longues espérances. Nous parlons, le temps fuit,

Jaloux de nous. Cueille le jour sans croire à demain.

L’épicurisme, doctrine d’Épicure, philosophe du IIIe siècle avant J.C., prône en effet, comme l’explique Simone Manon dans son étude sur la sagesse épicurienne, l’attrait du plaisir dans l’instant présent. Pour vivre heureux, il faut, selon les principes de cette philosophie, profiter des plaisirs de la vie, et pour que ceux-ci soient purs, il est nécessaire qu’ils ne soient pas liés à la douleur physique comme le sont les plaisirs dit « mobiles ». Il est donc fondamental de privilégier le plaisir stable et son absence de « douleur corporelle et de trouble de l’âme » afin de connaître le « plaisir pur d’exister ». Cette paix de l’âme est notamment associée à la connaissance, remède permettant à l’homme de se défaire des préjugés, superstitions et autres fausses opinions. Pour Épicure, il est essentiel de se faire une idée adéquat de la vie pour éliminer ce qui trouble le repos de l’âme, ainsi,  il ne faut ni craindre la mort, – on ne peut en souffrir car elle annule toute forme de sensation – ni craindre les dieux, – les rites relevant de la superstition – l’on doit voir en eux un modèle de béatitude fasse à l’immortalité. Ainsi, le bonheur, toujours selon la doctrine épicurienne, est tout à fait à notre porté, puisque « nous ne demandons pas quelque chose d’impossible mais cela même dont la réalisation est assurée par la nature »: les désirs naturels et nécessaires à la vie et les désirs naturels mais non nécessaires (sexe, beauté). Mais il existe également des désirs non naturels et non nécessaires, vains et illusoires, relevant de la vanité et ne pouvant procurer que souffrance. Enfin, il serait tout aussi possible de vivre avec la douleur. Dans ce cas, la sagesse permettrait à l’homme de s’en affranchir en en prenant connaissance et en l’évitant. Cela différencie l’épicurisme de l’hédonisme se caractérisant par l’envie de vivre pour le plaisir.

Le thème du Carpe Diem, relevant donc de l’épicurisme vu par Horace, est très souvent repris. Il inspira considérablement les poètes, et ce, sur une longue période.

Ces réécritures du Carpe Diem sont notamment abordées dans le programme des premières littéraires des lycées de France, d’où le grand nombre de sources nous permettant d’en référencer les différents écrits, dans « Le discours du « carpe diem », il vous est possible de lire une grande partie de ces textes.

Retenons plus particulièrement Pierre RonsardÔdes, 1550 et Sonnet pour Hélène, II, « Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. » et la sauvegarde de la beauté par le poète.

Les parodies les plus populaires sont celles de Pierre de Corneille Stance à Marquise, 1658 et Contemplation de Victor Hugo en 1831 sans oublier « Une charogne » de Baudelaire dans Les Fleurs du mal en 1857 et « Enivrez-vous » dans les Petits poèmes en prose, de 1864.

Blandine C.

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